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Les activités minières interdites au Nord, Sud Kivu et Maniema

A la suite du viol collectif de plus de 500 femmes et enfants en l'espace de quatre jours en août dernier, dans la région de Walikale, par des rebelles congolais et rwandais, le président Joseph Kabila a décidé de suspendre les activités minières pour une durée indéfinie dans trois provinces : Nord Kivu, Sud Kivu et Maniema. Car de nombreux groupes armés, incluant les rebelles du FDLR, opèrent dans la région de Walikale, où se situe le gisement de cassiterite de Bisie, qui fournit à peu près 80% de la cassitérite du Nord Kivu. Le gouvernement, en suspendant les activités minières dans ces trois provinces, veut couper l'herbe sous les pieds des rebelles, en les privant de tout subside lié aux mines. Le commerce des minerais du Nord Kivu est dans la ligne de mire de l'administration Obama : dans la récente loi de réforme financière adoptée le 15 juillet dernier, l'administration américaine exige que les entreprises américaines qui commercent en RDC affichent la traçabilité de quatre minerais achetés dans cette zone, à savoir l'oxyde d'étain, le coltan, la wolframite, et l'or.
Les rebelles mai mai et FDLR vivent en effet du commerce de minerais du Nord Kivu. Ces mêmes rebelles sont les instigateurs supposés du viol massif de Congolais issus de 15 villages de la région de Walikale. Depuis, le gouvernement congolais et l'Onu ont envoyé des renforts militaires sur place. La suspension des activités minières est aussi le prélude à une opération militaire de grande ampleur contre les rebelles congolais et rwandais. Le président Joseph Kabila a affirmé qu'il était déterminé à "déraciner cette mafia qui vit de l'exploitation des ressources minières".
Jean-bernard Gervais