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Le Club de Paris refuse d'annuler une dette de 3 milliards de la RDC

En octobre dernier, le Club de Paris a repoussé l'examen de la dette bilatérale de la République démocratique du Congo (RDC), car certains créanciers, composant ce groupe informel de 19 riches pays du Nord, ont "des préoccupations sur la gouvernance économique et sur le climat des affaires en RDC", a indiqué Charles Michel, le Ministre belge de la coopération au développement. Cette décision a été dénoncée par le comité pour l'annulation de la dette du tiers monde (CADTM) : selon le CADTM, cette décision n'est rien d'autre qu'une mesure de rétorsion à l'encontre de la RDC, qui a pris des mesures allant contre les intérêts économiques des membres du club de Paris. "Pour le CADTM, ce report n’est pas surprenant. Fin 2009, le Club de Paris avait déjà fait chanter la RDC en s’opposant à un prêt du FMI, suite à la décision des autorités de Kinshasa de résilier le contrat minier KMT (Kingamyambo Musonoi Tailings) conclu avec l’entreprise canadienne First Quantum, dans lequel la Banque mondiale est également actionnaire. Cette nouvelle décision du Club de Paris prouve donc une fois de plus que cette instance illégitime est au service des intérêts des entreprises occidentales implantées dans les pays du Sud, bien loin du développement des populations locales." Cette mesure est d'autant plus injuste, selon le CADTM, que la RDC avait satisfait l'ensemble des exigences devant la conduire à un allègement de sa dette, tel que stipulé par l'initiative PPTE (pays pauvre très endetté). Le CADTM, pour répondre à ce report inopiné de l'annulation de la dette de la RDC, demande "l'annulation immédiate de la dette congolaise ainsi que la suppression du Club de Paris, qui utilise l’arme de la dette et le "climat des affaires" comme conditionnalité pour sauvegarder les intérêts économiques de leur entreprises en RDC, notamment dans le secteur minier face à la Chine". Et le CADTM d'ajouter : "En interdisant à la RDC de revoir les contrats miniers avec les transnationales occidentales, le Club de Paris viole de façon manifeste la souveraineté de l’Etat congolais sur ses ressouces naturelles, prévue à l’article 9 de sa Constitution."
Jean-bernard Gervais