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Le CNDP organise-t-il la colonisation rwandaise du Kivu ?

Image removed.Image removed.Le dernier rapport de Refugee International sur la situation des réfugiés à l'est de la RDC est proprement exclusif. L'ONG accuse ni plus ni moins le mouvement rebelle d'organiser la colonisation du Kivu par des Rwandais, en les faisant passer pour des Congolais.
Le contexte : un accord tripartite entre le Rwanda, la RDC et le HCR, signé en février 2010 prévoit le retour de quelque 50000 réfugiés congolais de camps situés au Rwanda. Au Nord Kivu, région où les réfugiés congolais sont censés retournés, le CNDP règne sans partage en imposant une administration politico-militaire parallèle à l'administration congolaise légitime, qui a permis au mouvement rebelle de tripler za zone d'influence, pour contrôler les zones minières des territoires de Masisi, Walikale, Kalehe et Mwenga, ainsi que sur les territoires agricoles de Rutshuru et Masisi. De fait, le CNDP, dont le coeur de l'administration est basée à Mushake, perçoit des revenus fiscaux considérables, en lieu et place des autorités locales. Il s'arroge également les pâturages du territoire de Masisi, où paissent des troupeaux "sans frontières", en provenance du Rwanda. Afin de pérennise cette rente de situation, en vue des prochaines élections locales en 2011, le CNDP organiserait également l'immigration au Nord Kivu de populations rwandophones, hutus et tutsi compris. Ainsi, "Lors d’une mission récente au Nord Kivu, Refugees Inter- national a appris que des Rwandais essayaient de se faire passer pour des réfugiés congolais rentrant chez eux, dans des zones sous la protection du CNDP, ce qui augmente les frictions entre les rwandophones et les autres groupes ethniques.
A Bwiza, un représentant du CNDP a rapporté à RI qu’approximativement 5.000 « réfugiés rentrés spontané- ment » étaient arrivés dans sa localité en provenance de camps du HCR au Rwanda. Cependant, des sources locales ont appris à RI que plus de la moitié de cette popu- lation est en fait constituée de Hutu rwandais, ce qui créé un doute sur le fait qu’il s’agisse bien de réfugiés rentrés chez eux étant donné que seuls des Tutsi congolais vivent dans les camps au Rwanda. De plus, ont leur a dit que les nouveaux arrivés ne savent pas où se trouvent les villes, les routes et les marchés qu’auraient normalement dû con- naître d’anciens résidents", note le rapport. Le CNDP qualifie de rumeurs les informations selon lesquelles des rwandais occuperaient les terres des Congolais. Pour le leadership du mouvement rebelle, il s'agirait d'une stratégie des chefs coutumiers élaborée dans le but d'éviter de rendre les terres spoliées aux pasteurs tutsi. Mais, selon le HCR, le nombre de réfugiés congolais dans les camps rwandais n'a pas diminué. Ce qui accréditerait l'idée selon laquelle les réfugiés actuellement de retour au Kivu seraient des Rwandais. Pour remédier à cette situation, l'ONG rappelle que l'accord tripartite prévoit la mise en place d'une commission composée du HCR, de représentants du Rwanda, et de la RDC, devra plancher sur la vérification de la nationalité des réfugiés candidats au retour. Cette commission devra également s'atteler à la résolution des conflits liés à l'appropriation des terres. Mais l'ONG ne se fait guère d'illusion. Sans moyen véritable, cette commission ne pourra efficacement affronter et le CNDP et les riches propriétaires terriens liés au mouvement rebelle.
jacques gasibirege