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Kagamé et les FDLR unis contre l'Onu !

Ce pourrait être drôle si le sujet n'était aussi grave : coup pour coup, les ennemis irréconciliables que sont le FPR et les FDLR se sont trouvés un ennemi commun : Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations Unies, qui via l'Onu, les a tous deux accusés de crimes contre l'humanité, voire de génocide.
En effet, le Rwanda vient de répondre sèchement aux accusations de génocide à son encontre divulguées dans une version non finalisée du rapport du Haut commissariat aux droits de l'homme sur le bilan des guerres en RDC entre 1993 et 2003. Le Rwanda dénonce les fuites dans la presse de ce rapport non finalisé, au moment où l'Onu est accusé d'avoir fait preuve de la plus grande passivité en août dernier, lord du viol massif, par des rebelles FDLR et Maï Maï, de quelque 179 congolaises dans le Nord Kivu à quelques kilomètres d'une base de la Monusco, en quatre jours. "Il est inacceptable que l'Onu une organisation qui a failli au moment où s'accomplissait le génocide au Rwanda et sa conséquence directe, la crise des réfugiés en RDC, accuse maintenant l'armée qui a mis fin au génocide d'atrocités perpétrées dans l'ex-Zaïre", affirme le communiqué. "Vu la gravité du sujet, il est absolument impensable que l'équipe à l'origine de ce rapport n'ait pas consulté une seule fois le gouvernement rwandais, alors même qu'elle a pris soin de recueillir l'avis de quelque 200 ONGs. "Comme l'admet l'équipe, son but n'est pas de fournir des preuves à même de poursuivre qui que ce soit devant une cour, sous-entendant par là même que leur rapport n'est pas en soi une enquête digne de ce nom", ajoute le communiqué. In fine, le Rwanda déplore le fait que les rapporteurs ont fait fi du contexte de l'époque, et que ce rapport risque de fragiliser les efforts entrepris par la RDC et le Rwanda pour ramener la paix dans la sous-région.
Les FDLR, eux aussi, sont vent debout contre l'Onu, qui les accuse d'avoir pris part au viol massif entre le 30 juillet et le 4 août de quelque 179 congolaises et congolais de bas âge, dans le Nord Kivu. Dans un communiqué, les FDLR affirment qu'ils "ne sont en rien impliquées dans ces actes odieux et s'insurgent contre des accusations dénuées de tout fondement lancées contre elles par le secrétaire général de l'ONU" Ban Ki-moon, écrit le secrétaire exécutif du mouvement rebelle, Callixte Mbarushimana. "Les FDLR se posent de sérieuses questions sur les motivations réelles qui ont poussé la haute autorité de l'ONU à s'empresser de les incriminer avant même de diligenter une enquête préliminaire sur ces actes odieux", poursuit M. Mbarushimana, dans un communiqué fait à Paris. En conséquence, les FDLR demandent l'ouverture d'une enquête internationale sur ces viols massifs.
Jean-bernard Gervais