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Rapport de l'Onu : pour son impunité, kagamé passe un deal avec Ban Ki Moon

Le rapport du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, publié le 1er octobre, et qui décrie quelque 617 crimes contre l'humanité perpétrés sur le territoire de la RDC entre 1993 et 2003, a suscité la réaction courroucée des principaux pays mis en cause, mais également la satisfaction de la RDC et d'ONG défenseurs des droits de l'homme.
Le Rwanda contre qui le rapport fait peser des accusations tacites d'actes de génocide, a réitéré sa consternation face aux accusations contenues par ce rapport. Mais, alors que Kagamé menaçait il y a un mois de retirer les troupes rwandaises des contingents de l'Onu stationnés entre autres au Soudan, le président est revenu sur sa menace. Pour passer un deal avec Ban Ki Moon : le président rwandais maintient les troupes rwandaises composant les missions onusiennes de maintien de la paix contre la promesse de l'Onu de ne pas intenter pour le moment de poursuites judiciaires inspirées par les conclusions du rapport de l'Onu. L'Ouganda a également vivement réagi, en menaçant de retirer ses troupes de missions de maintien de la paix, notamment en Somalie, dans la mission Onusom. Le ministre des affaires étrangères Sam Kutesa, a qualifié ce rapport de « condensé de rumeurs, profondément erroné dans sa méthodologie, ses sources et son niveau de preuve […] Des tactiques aussi sinistres sapent la détermination de l'Ouganda à continuer à contribuer et à participer aux différentes opérations régionales et internationales de paix ». L'Angola et le Burundi, également mis en cause dans le rapport pour des massacres supposés en 1998, rejettent catégoriquement ces accusations. Seule la RDC a salué le rapport onusien, document "détaillé" et "crédible" qui démontre "l'horreur indicible et l'étendue des crimes que le peuple congolais a endurés", selon son ambassadeur aux Nations Unies. Parmi les ONGs, Global Witness, est satisfaite par la publication de ce rapport, qui met en évidence le lien entre l'exploitation des minerais dans le Kivu et les graves violations des droits de l'homme perpétrées dans la sous-région. Global Witness préconise également de poursuivre non seulement les Etats, mais aussi les individus impliqués dans le business des minerais, qui se sont rendus complices de graves violations des droits de l'homme en RDC.

Jean-bernard Gervais