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Le journaliste Jean-Claude Kavumbagu libéré

Le 13 mai 2011, le tribunal de grande instance de Bujumbura a rendu son verdict et a abandonné les charges de trahison qui pesaient contre Jean-Claude Kavumbagu, directeur du journal en ligne Net Press. Le ministère public avait requis une peine de prison à perpétuité le 13 avril dernier. Condamné à 8 mois de prison et à 100 000 francs burundais (50 euros) pour délit de presse, sous le motif de "publication d’écrits susceptibles de porter atteintes au crédit de l’Etat et à l’économie nationale", le journaliste vient d’être libéré, le 16 mai, après plus de dix mois passés derrière les barreaux.
Interrogé à sa sortie de prison, Jean-Claude Kavumbagu a déclaré avoir un sentiment partagé sur le verdict de la cour : "Intitulé "Le Burundi sera-t-il la prochaine cible des shebbab somaliens ?", mon article ne faisait qu’ériger une opinion. Il est normal que la population se pose des questions. J’effectuais simplement mon travail de journaliste, sans émettre aucune accusation."
"Il est grand temps que le gouvernement respecte ses engagements et mette un terme à la pratique du délit de presse. Un mois après la tenue en mars des Etats Généraux des Médias et de la Communication, l’arrestation d’un journaliste entrait en contradiction flagrante avec les déclarations faites par les autorités burundaises", a-t-il ajouté à Reporters sans frontières.
Malgré cette condamnation abusive, le journaliste a déclaré vouloir reprendre au plus vite ses activités journalistiques et le combat pour la dépénalisation du délit de presse. "L’autorisation donnée par le gouvernement aux journalistes d’organiser des manifestations pacifiques lors de la journée internationale de la liberté de la presse représente déjà une avancée vers la dépénalisation du délit de presse. Peu à peu, le gouvernement abandonnera cette pratique et modifiera la loi sur la presse."
Source
jacques gasibirege