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Elections à hauts risques au Burundi

Image removed.La perspective des futures élections [présidentielle, législatives et sénatoriales], qui débuteront le 21 mai pour se terminer le 7 septembre, pourraient fort bien mettre en péril l'instauration d'une fragile démocratie, et signer le retour de la violence endémique au Burundi, conclue un rapport d'International crisis group, rendu public le 12 février.
A l'appui de leur démonstration les auteurs du rapport font plusieurs constats inquiétants. Les partis d'opposition sont victimes de harcèlement de la part du parti au pouvoir le CNDD-FDD. Autre fait inquiétant : « l'entrainement physique, les chants guerriers et l'organisation quasi militaire du mouvement de jeunesse du CNDD-FDD font craindre également le retour des violences miliciennes » Les partis d'opposition, en particulier le FRODEBU et les FNL, entrainent et mobilisent leur propre milice. Les assassinats politiques, sans pour autant être quotidiens, endeuillent, depuis quelques mois, la vie politique du Burundi. « L’assassinat le 9 avril 2009 du vice-président de l’Orga- nisation de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), Ernest Manirumva, a cependant jeté le froid sur les rapports entre la société civile et le pouvoir. » De même, on peut constater, dans certaines provinces, un réarmement de la population. « Ainsi le 21 décembre 2009, cinq partis d’opposition ont écrit au gouverneur de la province de Bubanza pour lui faire part de leurs informations concernant la distribution d’armes dans cette circonscription à des membres du CNDD-FDD et lui demander de prendre les mesures appropriées. Le 10 janvier 2010, un des représentants locaux de l’UPD était assassiné dans la même province. Auparavant un autre responsable ce parti avait été assassiné dans le Sud du pays. » Dernièrement, une tentative de coup d'Etat a été déjoué à Bujumbura. Les rapporteurs notent aussi qu'il y a peu de chances que cette violence dégénère en violence ethnique, tant les partis actuellement en lutte pour le pouvoir (CNDD, FNL, FRODEBU...), sont tous à majorité hutu. L'iCG afin d'éviter un nouveau bain de sang, formule plusieurs recommandations, à l'intention de tous les acteurs concernés. Au gouvernement burundais, et au parti au pouvoir, le CNDD, ICG conseille de stopper net tout harcèlement de l'opposition politique, sous quelque forme que ce soit : arrestations arbitraires, intimidations, usages de la force, utilisation de milices, etc. Au parti politique d'opposition, l'ONG recommande d'éviter toute provocation verbale, de ne plus mobiliser la jeunesse dans des mouvements miliciens. La sous-région des grands lacs pourrait également jouer les médiateurs en nommant un « envoyé spécial de stature internationale ». Et, outre l'appui logistique et financier à la commission électorale nationale indépendante (CENI), la communauté internationale serait bien inspirée d'user des juridictions internationales (cour pénale international ou tribunal spécial) pour sanctionner ceux parmi les candidats qui auraient recours à la violence pour remporter les élections.

Télécharger le rapport de International crisis group dans la rubrique Documentation.
Jean-bernard Gervais