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Bagaza consterné par le lynchage de Kadhafi

Image removed.Les  Libyens sont en liesse car un tyran vient de s'éteindre. Les Tripolitains se souviennent des derniers moments du dictateur qui les comparait à des cafards. Cependant, les anciens amis de Mouammar Kadhafi regrettent son départ. Jean-Baptiste Bagaza, président de la 2e République du Burundi (1976-1987) est parmi ceux qui pleurent la mort du Guide libyen.

Chassé du pouvoir  par le Major Pierre Buyoya lors du coup d'état du 03 septembre 1987, Bagaza avait été intime de Kadhafi pendant tout son règne et se rappelle de ses bonnes actions.

Voici son témoignage: "Sous la Première République dirigée par Michel Micombero, j'ai été envoyé en mission de travail en Libye en qualité de Chef d'Etat-Major adjoint de l'armée burundaise. A ce moment, les Libyens dormaient encore dans des huttes, des tunnels... Ils étaient encore arriérés par rapport aux autres Africains. Mais depuis le régime de Kadhafi, ils ont commencé à se développer et occupaient la première place comparativement au mode de vie des autres Africains."

Beaucoup de voix s'élèvent pour dire que la mort de Kadhafi met fin à une dictature sanglante. Pourtant, Bagaza pense que l'Afrique perd un leader sans précédent. "L'Afrique vient de perdre un président fort, compétent, digne de ce nom. Il a remarquablement aidé son pays et a participé au développement de beaucoup d'autres pays. C'est bien lui qui a financé la construction de la Bibliothèque centrale de l'Université du Burundi... Il n'était pas un dictateur comme le disent certaines personnes."

Toujours sur le plan des relations entre Kadhafi et Bagaza, des échos indiquent que le Guide libyen aurait fortement influencé le conflit BAGAZA-Eglise Catholique à l'aube des années 1980. Dans ce conflit, on a assisté à l'emprisonnement de certains religieux, célébration de la messe surveillée, des écoles sous convention catholique suspendues voire supprimées.

On apprendra qu'en 1986, Bagaza a exigé de l'Eglise Catholique de fermer les portes de sa fameuse école de catéchisme "Yagamukama", obligeant ainsi  tous ceux qui la fréquentaient à regagner l'enseignement primaire public. La plupart de ces derniers étaient bloqués par l'âge car on pouvait  trouver en 4e année Yagamukama , par exemple, des jeunes célibataires de 25 ans et plus. Malgré tout ça , ceux qui avaient  tout au moins 18 ans et qui ont eu le courage de recommencer en 1ère année de l'enseignement public sont aujourd'hui dans les milieux professionnels publics ou privés ( journalisme , justice , enseignement , construction,...). Peut-on alors dire que tous les conflits ne sont pas mauvais?
Gaspard Maheburwa