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Le styliste Moses Turahirwa fait appel de sa condamnation à trois ans de prison

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Moses Turahirwa

Le styliste rwandais Moses Turahirwa a demandé lundi 16 mars à la Haute Cour de Kigali de lui accorder une peine avec sursis dans le cadre de l’appel qu’il a interjeté contre sa condamnation pour usage de drogue et falsification de documents. 

Fondateur de la maison de mode Moshions, Turahirwa conteste une décision rendue en 2024 par le tribunal intermédiaire de Nyarugenge, qui l’avait reconnu coupable de consommation de cannabis et de falsification de documents. Il avait été condamné à trois ans de prison et à une amende de deux millions de francs rwandais. 

Lors de l’audience d’appel tenue le 16 mars, l’accusé a demandé à la cour de reconsidérer la peine et de la remplacer par une condamnation avec sursis, faisant valoir qu’il a engagé un processus de rééducation et de suivi médical. 

Consommation de cannabis et falsification de passeport

Moses Turahirwa a affirmé que certains faits de consommation de cannabis se sont produits à l’étranger, notamment en Italie et au Kenya, où cette substance est légale. Il a également indiqué avoir entrepris un traitement médical pour des problèmes de santé mentale. 

Concernant l’accusation de falsification de sa pièce d’identité, il a soutenu que les faits reprochés relevaient d’une publication sur les réseaux sociaux et non d’une tentative de fraude administrative. Selon lui, l’image incriminée consistait en une photographie de son passeport modifiée à l’aide d’un logiciel de retouche, notamment par la suppression de certaines informations, avant d’être publiée sur Instagram. 

L’image était accompagnée d’une légende suggérant un changement officiel de genre sur ses documents d’identité. L’accusé a toutefois affirmé que cette publication n’avait été utilisée à aucune fin officielle et ne constituait pas une falsification de document au sens juridique. 

Son avocat a demandé à la cour de tenir compte du traitement en cours de son client, estimant qu’une peine avec sursis lui permettrait de poursuivre sa prise en charge dans un centre de réhabilitation, avec le soutien de sa famille. 

Verdict le 31 mars

Le ministère public s’est opposé à cette demande, estimant que les faits reprochés s’inscrivent dans un comportement délictuel récurrent. Les procureurs ont également soutenu que la modification d’informations figurant sur l’image d’un passeport, même sous forme de copie, constitue une falsification de document officiel. 

Selon l’accusation, Moses Turahirwa a reconnu avoir modifié plusieurs éléments du document avant de le publier en ligne avec une légende susceptible d’induire le public en erreur, portant ainsi atteinte à l’intégrité des documents officiels. 

Le parquet a demandé à la Haute Cour de rejeter l’appel et de confirmer la décision de première instance. Le verdict est attendu le 31 mars. 

Si la cour accède à la demande de sursis, Moses Turahirwa pourrait être libéré après avoir purgé la peine d’un an qu’il exécute actuellement. Dans le cas contraire, il devra purger la peine supplémentaire de trois ans prononcée précédemment. 

Les ennuis judiciaires du styliste remontent à avril 2023, date de sa première arrestation pour usage de drogue et falsification de documents. Il avait reconnu avoir consommé du cannabis lors d’une audience en mai 2023 et avait été libéré sous caution deux mois plus tard, avant sa condamnation définitive en 2024. 

Jean-Bernard Gervais