Wikileaks : le pétrolier ENI aurait corrompu Mbabazi, ministre de l'intérieur
Un télex révélé le 09/12/10 par le site wikileaks accuse le ministre de l'Intérieur ougandais Mbabazi, l'un des piliers du parti au pouvoir NRM,d'avoir perçu des pots de vin versés par le pétrolier italien ENI, en échange de facilitations gouvernementales pour le rachat d'actifs pétroliers cédés par Heritage Oil. L'homme qui porte ces accusations, et s'en ouvre auprès de l'ambassade des USA en Ouganda en décembre 2009 n'est autre que le vice-président en charge de la région Afrique de la compagnie pétrolière Tullow, Tim O' Hanlon. Laquelle compagnie britannique était associée au canadien Heritage dans l'exploitation des gisements pétrolifères du lac Victoria. Les deux associés, n'ayant pas les capacités financières d'exploiter seuls les gisements ougandais, ont lancé un appel d'offres. Alors que le choix de Tullow s'était porté sur le Chinois Cnooc, le Français Total et le britannique Shell, Heritage aurait souhaité conclure avec l'italien ENI. Selon Tim O' Hanlon, ENI a corrompu les ministres de l'intérieur Mbabazi et le ministre de l'énergie Onek pour bénéficier du suppport du gouvernement ougandais afin de remporter le marché. D'autres ministres comme le ministre des ressources halieutiques Fred Mukiza auraient également bénéficié des largesses de ENI. Tim O' Hanlon affirme que Mbabazi était considéré comme le patron ougandais de ENI, et que la compagnie italienne a créé en Grande-Bretagne une compagnie pétrolière, TKL holdings, pour rémunérer Mbabazi. Tim O' Hanlon a également fait référence au lobbying forcené du ministre Onek devant le parlement en faveur de ENI, ainsi que lors d'une conférence indo-africaine sur l'énergie à New Delhi. Onek aurait alors avancé des faits invraisemblables, comme la capacité de ENI d'exporter de 100 000 à 200 000 barils par jour dans les deux ans. En se confiant à l'ambassade des USA, Tim O' Hanlon avait l'intention de demander aux Etats-Unis leur aide pour contrer les visées de Heritage et de ENI. L'ambassade américaine conclut que pareil arrangement pourrait léser la compagnie Exxon Mobil d'un marché de plusieurs milliards de dollars. L'ambassade américaine ajoute que les accusations de corruption portées contre Mbabazi leur parait vraisemblable. En tout état de cause, l'ambassade américaine affirme dans le même télex que, après vérification de ces allégations, elle compte, de concert avec la Grande-Bretagne et l'Irlande, envoyer une missive au présider Museveni pour l'avertir de ce casus belli. En février 2010, ENI renonçait finalement à se porter acquéreur des actifs de Heritage. Finalement, ce sont CNOOC et Total qui ont remporté le marché.
jacques gasibirege