La compagnie britannique Tullow a remporté le 7 février sa bataille contre le groupe pétrolier italien Eni, s'assurant le contrôle de gisements d'hydrocarbures prometteurs dans le bassin du lac Albert, en Ouganda, qu'elle partageait jusqu'ici avec sa partenaire canadienne Heritage Oil. Il s'agit de la plus importante réserve de pétrole découverte en Afrique sub-saharienne depuis des décennies.
Heritage a annoncé qu'Eni, à laquelle elle avait prévu en décembre de céder ses 50% dans deux blocs pétroliers (1 et 3A) en Ouganda, pour 1,5 milliard de dollars maximum, avait renoncé à cette acquisition. Ce retrait fait suite à l'exercice par Tullow, qui détient les 50% restants de ces deux blocs, de son droit de préemption, a expliqué Heritage, qui n'attend que le feu vert "imminent" du gouvernement ougandais pour boucler la transaction. Tullow détenait déjà 100% du bloc 2, coincé entre les blocs 1 et 3A, lesquels couvrent les extrémités nord et sud de la partie ougandaise du Lac Albert, au coeur de l'Afrique sub-saharienne. En mettant la main sur les actifs d'Heritage, Tullow s'assure donc le contrôle total de la partie ougandaise du lac, que se partagent l'Ouganda et la République démocratique du Congo. L'enjeu est de taille. Heritage et Tullow ont multiplié les forages dans les blocs en question depuis quelques dernières années, et leurs puits, baptisés de noms inspirés de la faune locale (Girafe, Pélican, Crocodile, Léopard...), ont permis de découvrir d'importants gisements de pétrole et de gaz sous le lac et à sa périphérie. Selon les dernières estimations du secteur, le bassin du lac Albert renfermerait des réserves équivalentes à deux milliards de barils de pétrole, ce qui en fait la plus grande découverte réalisée en Afrique subsaharienne depuis des décennies.Le rachat des parts d'Heritage, qui devrait être finalisé au cours du trimestre, devrait doper la production de Tullow, qui a produit l'an dernier moins de 60.000 barils.
AFP