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Rwamucyo, le médecin présumé génocidaire, licencié

Image removed.Le Dr Eugène Rwamucyo, recherché par Interpol et le Rwanda pour participation au génocide des Tutsi de 1994, a finalement été licencié par son employeur Henri Mennecier, directeur du centre hospitalier de Maubeuge. Cause invoquée : défaut de titre de travail. Depuis janvier 2010, le Dr Eugène Rwamucyo exerçait la médecine à l'hôpital de Maubeuge sans titre de travail.
A la mi-mars, la direction du travail a décidé de ne pas lui en accorder. Force est de constater que ses anciens appuis l'ont abandonné. Car, bien que recherché par Interpol, le Dr Eugène Rwamucyo avait pu bénéficier d'un titre de séjour en 2006 sur intervention, selon la journaliste Malia Malagardis, du directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l'intérieur, Claude Guéant... Le même homme qui en janvier dernier se rendait à Kigali pour rétablir les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda... De là à y voir un effet de cause à conséquence. Toujours est-il que Rwamucyo n'est pas le seul médecin rwandais exerçant en France, et recherché par la justice internationale. Du coté de Bordeaux, à l'hôpital de Villeneuve-sur-Lot, le Dr Sosthène Munyemana, qui fait l'objet d'une information judiciaire ouverte en 1995 pour participation au génocide rwandais, a lui aussi été entendu en janvier dernier par le parquet de Paris. Mais le parquet de Bordeaux a estimé que le dossier à charges manquait de preuves contre Munyemana. A charge pour le procureur de Kigali de compléter le dossier d'ici le 3 juin, pour que la justice française accède à la demande d'extradition vers Kigali du Dr Sosthène Munyemana. A Rouen, le Dr Charles Twagirwa fait lui aussi l'objet d'une plainte pour crime de génocide déposé en novembre 2009. Ayant fui le Rwanda en 1994, il était exilé en France depuis 2006. Depuis le rapprochement entre Kigali et Paris qui ont renoué leurs relations diplomatiques en janvier dernier, de nombreux présumés génocidaires sont maintenant inquiétés. Il en va ainsi d'Agathe Habyarimana, la veuve du président Juvenal Habyarimana, elle aussi recherchée par Interpol pour crimes de génocide, a elle aussi été interpellée le 2 mars et convoquée le 10 mars. Sans qu'elle soit inquiétée...
Jean-bernard Gervais