Quand jugera-t-on Mitterrand l'Interahamwe ?
Inoubliable Mitterrand! Combien précieuse dut-être cette glande, dont fut privé le président, pour être substituée dans l’âme des Français à la perte d’un million de vies humaines !
Ou est-ce alors un effet de cette séduction à laquelle succombèrent non seulement quelques mitterrandolâtres mais, semble-t-il ici, toute l’intelligentsia de ce pays, qui ne s’offusque pas d’avoir été bernée depuis 1981 pour ce cancer qui lui fut caché, de même que pour la manifestation contre l’avocat du Négus, la francisque, les amitiés cagoulardes ou anti-sémites, les Algériens guillotinés et l’existence de Mazarine. Non, tout au contraire, de cette année 1994 où ces vérités cachées furent révélées, c’est le courage du président, son habileté, sa liberté d’être, qui sont retenus et proposés à l’édification du citoyen.
Cette année 1994 apparaît comme le sommet et la récapitulation de sa vie. Il fait preuve d’un courage admirable devant la maladie. Loin de s’inquiéter de sa virilité à la clinique, vers le 18 juillet il discute géopolitique avec son urologue, Bernard Debré, qui lui demande si la France avait continué à livrer des armes à l’armée rwandaise après l’attentat contre l’avion présidentiel du 6 avril 1994. Et l’illustre patient de lui répondre que début avril, personne ne pouvait savoir qu’un génocide commençait au Rwanda.
Le chef d’état-major des armées écrivait pourtant le 8 depuis Paris, que la garde présidentielle (formée par le GIGN du commandant Prouteau) éliminait les Tutsi à Kigali[3].
Hyperactif, il remplit tous les devoirs de sa charge. Il est en Ouzbékistan fin avril, laissant à Balladur et Juppé, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du gouvernement de cohabitation, le soin d’accueillir le 27 avril à Paris, la délégation du gouvernement des tueurs rwandais, que la France est un des rares, avec l’Église catholique, à soutenir[4]. Il discourt sur les plages de Normandie pour le cinquantenaire du débarquement devant la reine d’Angleterre et le président des États-Unis, alors qu’au coeur de l’Afrique, il s’oppose par une stratégie indirecte aux « Tutsi anglophones », les seuls à combattre ceux qui célèbrent la démocratie, la république et la francophonie par d’atroces sacrifices humains dans les églises.
Début juillet, il est le premier chef d’État occidental à visiter Nelson Mandela, alors que sous sa présidence la France a contourné l’embargo des Nations Unies contre le régime d’appartheid en utilisant les mercenaires de Bob Denard aux Comores ou d’autres pays clients comme le Congo Brazza. Au Rwanda, les soldats français « n’ont pas tiré une cartouche depuis le début de ces événements », assure-t-il à un journal sud-africain.
Sachant maintenant que lors de l’opération Birunga en février 1993, les militaires français sous les ordres du colonel Tauzin, pris sous le feu, ont fait usage de leurs armes et sauvé l’armée rwandaise de la débâcle[6], nous comprenons mieux que l’art de mentir est de le faire avec aplomb en s’appuyant aussi sur le secret Défense et le secret d’État. Par trois fois au moins, la France a sauvé l’armée rwandaise et la dictature raciste d’Habyarimana.
Un article de Jacques Morel, publié par notre partenaire Izuba.info.
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Jean-bernard Gervais