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Quand Air France livrait des armes au Rwanda en 2008

Image removed.Selon un rapport d'Amnesty international rendu public le 19 juillet, Air France a participé à une livraison d'armes au Rwanda qui semble-t-il a alimenté le conflit dans l'est de la RDC entre les FARDC et les rebelles du CNDP. Amnesty international dénonce par là-même la complicité des compagnies françaises, sud-africaine, bulgare, ainsi que leur gouvernement, avec des "seigneurs de la guerre", qui se sont attaqués à des civils, par des enrôlements forcés ou des viols collectifs. Les faits :
Le 16 janvier 2007, le Rwanda émettait un certificat de destination finale pour l'achat d'une cargaison de 14.5 mm KPVT. Les armes ont été achetées auprès d'une compagnie anglaise non homologuée en Grande Bretagne, System use contract Ltd. Le document de transport indique que les armes seront fournies par la compagnie Sofia based armico Ltd, et autorisé à l'export vers le Rwanda par le gouvernement bulgare. Les armes ont finalement été exportés de Sofia le 19 septembre 2008. Le rapport d'Amnesty international constate que, au moment où ces armes étaient livrées au Rwanda, plus de 220 000 personnes étaient déplacées à l'est du Congo, suite à une reprise des combats entre les forces armées de RDC (FARDC) et les rebelles du CNDP. Amnesty international insiste également sur le fait que le Rwanda était le principal soutien du mouvement rebelle CNDP, entre 2007 et 2008. En octobre 2008, des forces de l'Onu ont affirmé avoir été visé à l'est de la RDC par des armes anti-aériennes, comparables à celles que le Rwanda s'est fait livrer de Sofia. Ces armes auraient été transportés par route, en provenance du Rwanda vers la RDC.
Plus étrange, le document de transport de cette livraison d'armes indique que c'est un vol régulier d'Air France qui a transporté ces armes de Sofia vers Paris. Elles ont ensuite été acheminées à Nairobi le 24 septembre 2008, puis Kigali, où une compagnie sud-africaine a déchargé et livré la cargaison d'armes. Amnesty international condamne les gouvernements français, sud-africains, et bulgare pour avoir autorisé un transport d'armes à même de déstabiliser une région entière et de porter atteinte au droit des civils. Dans le cas de la France, remarque Amnesty International, les mécanismes adéquats pour contrôler le transport d'armes ne sont pas mis en place. Entre 2007 et 2008, rappelle l'ONG, la France et la Belgique ont conduit des initiatives, après de l'OSCE et de la WA, pour mettre en place un ensemble de bonnes pratiques afin de prévenir les transferts d'armes légères douteux. Cette initiative encourage les gouvernements à demander aux vendeurs d'armes l'établissement de la traçabilité des cargaisons d'armes légères. Mlaheureusement, ces bonne pratiques ne concernent en rien les transporteurs ou les compagnies aériennes, comme Air France, et ne leur imposent aucune licence spécifique pour le transport d'armes. En l'absence de tout contrôle des compagnies aériennes, la France est impuissante à contrôler ce type de livraisons d'armes.
Jean-bernard Gervais