La Cour d’appel de Paris a refusé l’extradition du docteur Sosthène Munyemana vers le Rwanda, dans la matinée du 19 octobre. Raison invoquée : la juridiction a estimé que les éléments transmis par les autorités rwandaises étaient beaucoup trop imprécis pour que le médecin, qui clame son innocence, ait une connaissance exacte des faits qui lui sont reprochés. En janvier dernier, déjà, le parquet de Paris avait demandé au parquet de Kigali de compléter la demande d’extradition de Munyemana, jugée incomplète. Désigné comme « Le boucher de Tumba » dans un rapport publié par l'organisation African Rights en mars 2006, Munyemana exerçait de 1989 à juin 1994 comme gynécologue à l'hôpital universitaire de Butare. « Lors du génocide, le docteur Munyemana est devenu l'un des principaux assassins de Tumba, commune de Ngoma dans la préfecture de Butare », écrit l'ONG dans son rapport. Le Rwanda avait émis un mandat d'arrêt international pour « crimes de guerre et génocide » contre Munyemana en 2006, relayé par Interpol. En France, Munyemana fait par ailleurs l'objet d'une autre instruction devant le Tribunal de Grande instance de Paris, suite à une plainte déposée le 18 octobre 1995 par un Collectif girondin pour le Rwanda à laquelle se sont joints par la suite la Fédération internationale des droits de l'homme, l'association Survie et le Collectif des parties civiles pour le Rwanda. En janvier 2008, la Cour nationale du droit d'asile française a rejeté sa demande d'asile, en considérant qu'il existe « des raisons sérieuses de penser que M. Sosthène Munyemana s'est rendu coupable [...] notamment d'un crime contre l'humanité ». Il a fait appel de ce rejet. Après le Dr Rwamucyo, Munyemana est le second médecin rwandais réfugié en France, dont la demande d’extradition vers le Rwanda a été refusée.