Les militaires français ont-ils participé au génocide ?
Les 1er et 2 décembre 2009, un témoin a affirmé qu'une soixantaine de militaires français se trouvait à Ndiza au centre du Rwanda pendant le génocide. Le témoin, qui porte le nom de code CNAL, dit avoir été le cuisinier de ces 60 militaires. Le témoin a par ailleurs déposé contre Callixte Nzabonimana, ministre de la Jeunesse dans le gouvernement en place pendant le génocide de 1994, présenté par le procureur comme le principal instigateur des massacres dans cette préfecture du centre du Rwanda. Dans une requête datée du 15 février, les avocats de Callixte Nzabonimana avaient demandé aux autorités françaises de confirmer ou infirmer cette allégation. L'ambassade de France en Tanzanie a catégoriquement démenti les allégation de CNAL. « L'état-major général des forces armées (françaises) et la direction des affaires juridiques du ministère de la Défense n'ont trouvé aucun document attestant la présence de militaires français au mont Ndiza au cours de la période en question», indique l'ambassade de France. Le journaliste Serge Farnel lui aussi, dans un documentaire bientôt diffusé, recoupe une centaine d'heures de témoignages de rescapés de la bataille de Bisesero, où des centaines de Tutsis avaient résisté contre les Interahamwe. Ces témoins font tous état de la présence de soldats français sur les collines de Bisesero, aux cotés des miliciens interahamwe. Les militaires français, selon les témoignages recueillis par Serge Farnel, traquaient les Tutsis, prêtaient main forte aux miliciens, voire tiraient sur les Tutsis. Ces témoignages font écho à la plainte déposée en 2005 par des rescapés du génocide rwandais auprès du tribunal français des armées, contre des militaires français. Les rescapés accusent aux aussi les soldats français d'avoir participé directement au génocide...
Jean-bernard Gervais