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La mortalité infantile en baisse

Image removed."Le Rwanda est un des rares pays en Afrique qui ait une chance d'atteindre les objectifs du millénaire si le rythme actuel est maintenu", estime Lamine Cisse Sarr, représentant l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Rwanda. Grâce à une politique très volontariste, le Rwanda est un des rares pays africains à pouvoir espérer réduire substantiellement la mortalité infantile, un des "objectifs du millénaire" de l'Onu au centre d'un sommet cette semaine à New York. Depuis les progrès déjà engrangés dans la lutte contre le paludisme, c'est la pneumonie qui tue aujourd'hui le plus grand nombre d'enfants au Rwanda, avec 23 % du total des morts infantiles. Les autorités rwandaises ont d'abord développé la formation du personnel sanitaire local pour lui permettre d'identifier les symptômes de la pneumonie - une respiration rapide et difficile - et d'envoyer les patients les plus atteints vers un hôpital. Une assurance maladie quasi-obligatoire couvre environ 90 % des coûts du traitement. Le Rwanda a ensuite introduit en avril 2009 un vaccin contre le pneumocoque, la bactérie le plus souvent à l'origine de la pneumonie et également cause de méningite, devenant le premier pays en voie de développement à rendre ce vaccin obligatoire. Cette innovation a bénéficié du soutien financier de l'Alliance mondiale pour les vaccins et l'immunisation (GAVI selon l'acronyme anglais), une organisation fondée sur un partenariat entre pays pauvres, organisations internationales, fabricants de vaccins et fondations privées. "Maintenant, plus personne ne meurt de pneumonie", assure Pauline Mukabalisa, une infirmière de 46 ans. Le paludisme a également reculé grâce à la distribution en masse de moustiquaires imprégnées d'insecticide. Si auparavant un quart des hospitalisations était dû au paludisme, désormais "les cas sont très rares, et nous pouvons passer un mois sans avoir de test sanguin positif en pédiatrie", témoigne Florent Rutagarama, pédiatre au centre hospitalier de Kigali. Le Rwanda espère ne pas en rester là. "Maintenant que nous avons de bons résultats avec les maladies à pneumocoques, les maladies digestives sont en tête" de nos priorités, indique le Dr Agnès Binagwaho, numéro deux du ministère rwandais de la santé. Le pays doit introduire prochainement un vaccin contre les infections à rotavirus --deuxième cause de décès infantiles évitables dans le monde après les pneumocoques -- puis un vaccin pour protéger les femmes du cancer du col de l'uterus.
AFP
Jean-bernard Gervais