Karugarama discute avec Mercier des génocidaires en France
Le ministre rwandais de la justice Tharcisse Karugarama s'est rendu discrètement à Paris fin avril pour s'entretenir avec son homologue français Michel Mercier. But des entretiens : faire avancer le dossier des Rwandais résident en France, et soupçonnés d'avoir participé au génocide rwandais. En effet, la France semble être la lanterne rouge en Europe, en matière de jugement des présumés génocidaires. Pourtant, c'est en France qu'il y a le plus grand nombre de cas. Selon le ministère rwandais de la justice, il serait 18 en attente de jugement. Lors d'une conférence de presse organisée à Kigali, le ministre de la justice Tharcisse Karugarama a notamment cité le cas du prêtre Wenceslas Munyeshyaka, dont le dossier a été transféré d'Arusha à la France, sans qu'il ne soit jugé. "On peut évoquer également les cas de Rwamucyo et Munyemana, qui sont tous deux en connexion avec les FDLR." Rwamucyo aurait planifié des exécutions à Butare. Toutefois, le ministre s'est montré satisfait de la création d'une unité de lutte contre le génocide, qui dépendrait du TGI de Paris, et qui devrait être opérationnelle avant la fin de cette année. Selon l'hebdomadaire Jeune Afrique, le rapport Mucyo a également été évoqué lors de cet entretien. Ce rapport accusé nommément certains hommes politiques (Balladur, Juppé, Léotard...) et militaires français de haut rang (les généraux Lafourcade et Quesnot par exemple), d'avoir été complices du génocide.
Jacques Byizigiro