Skip to main content

Gaz du Kivu : la signature du contrat d'exploitation repoussée

Image removed.La société américaine ContourGlobal, qui devait signer le 22 janvier dernier avec le gouvernement rwandais un contrat d'exploitation de trois ans des 55 km3 de gaz méthane du lac Kivu, a repoussé sine die la signature dudit contrat, arguant de difficultés de dernière minute.

ContourGlobal avait signé en juin dernier un premier engagement. Le gaz méthane produit sera initialement utilisé pour alimenter trois groupes turbine-alternateur (« gensets ») à moteur à gaz qui produiront environ 25 MW d’électricité pour le réseau électrique local en Phase 1. La Phase 2 devrait générer 75 MW d’électricité de plus et employer neuf gensets supplémentaires pour augmenter la puissance de KivuWatt à un peu plus de 100 MW net d’électricité pour la population rwandaise. La centrale de production de gaz comprendra : une installation d’extraction et de traitement du gaz pour chaque plate-forme flottante, ou barge, dans les eaux profondes du lac – une plate-forme par 25 MW de capacité énergétique ; une installation de réception de gaz à terre ; et un pipeline flottant submergé destiné à transporter le gaz combustible à terre depuis chaque barge. Le coût de l'exploitation du gaz du lac Kivu sur trois ans est estimé à 8 millions de dollars.

L'exploitation du gaz Kivu permettrait également de remédier au danger écologique que fait peser le dioxyde de carbone et le méthane, sur les populations environnantes. Les quelque 55 Km3 de méthane et les 300 kilomètres cubes de dioxyde de carbone, pour le moment prisonniers des eaux profondes, menacent d'exploser, et de tuer au moins deux millions de personnes.

Début janvier, le député congolais Paulin Batolisi Bahunga a annoncé l'explosion imminente du gaz carbonique contenu dans la couche de méthane du lac Kivu, ce qui constituerait un risque vital pour les populations de cette région de l'est de la RD Congo.
Dans une motion d'information déposée jeudi devant l'Assemblée nationale de la RDC, le parlementaire relève que cette menace a fait l'objet d'une réunion d'experts et de chercheurs du Centre volcanologique de Goma les 18 et 19 janvier à Gisenyi, au Rwanda, en vue de dégager des pistes de solution. Les chercheurs sont inquiets, car des mouvements géologiques ou volcaniques pourraient perturber ces eaux profondes, qui laisseraient alors les gaz s'échapper.

Jean-Bernard Gervais


Jean-bernard Gervais