Comment Kagamé réprime toute opposition politique
Car là est la nouveauté selon Kris Berwouts : Kagamé ne se bat plus tant contre une opposition politique qui lui a toujours été hostile, que contre ses anciens alliés qui se sont retournés contre lui.
A quatre mois et demi de l'élection présidentielle, quatre parti d'oppostion font l'objet de toute l'attention du pouvoir : « le Parti Social Imberakuri, (PSI) présidé par Bernard Ntaganda et créé par des ex - membres du Parti Social Démocrate (PSD) qui l’avaient quitté par frustration que le PSD restait dans l e giron du FPR. Le Green Democratic Party, (GDP) avec un leadership qui vient principalement du milieu anglophone. Le parti est considéré par beaucoup de gens comme une émanation du mécontentement au sein du FPR. Le président s’appelle Frank Habineza et le Secrétaire-général, Charles Kabanda, co-fondateur du FPR dans les années ’80 en Ouganda. Les Forces Démocratiques Unifiées (FDU-Inkingi), dont la présidente Victoire Ingabire est rentrée à la mi janvier 2010 pour poser sa candidature pour la présidence, après une absence de 17 ans. » Le parti social Imberakuri (PSI) a été purement et simplement décapité. Son président Bernard Ntaganda, qui a été très critique avec le pouvoir actuel, a été destitué par des membres du PSI débauchés par le FPR. « Le mardi soir 16 mars 2010, des membres dirigeants du P S-Imberakuri ont été amené aux Head Quarters du FPR où ils ont reçu l’ordre d’organisé une convention du parti pour le lendemain 17 mars, afin de destituer Ntaganda de ses fonctions. La convention a été tenue, et la vice-présidente, Christine Mukabunani a fait une déclaration dans laquelle elle a affirmé que Bernard Ntaganda n’est plus président du parti. » On connait les malheurs rencontrés par Victoire Ingabire qui depuis son retour au Rwanda a été entendue trois fois par la police qui, sur la base d'un rapport des Nations Unies, l'accuse d'être en relation avec les FDLR. On lui reproche également une déclaration ambiguë, qui lui vaut d'être taxée de révisionniste. Son parti, le FDU-Inkingi, n'a toujours pas pu tenir sa convention constituante. Plus embêtant est le cas du Green democratic party. Car il est avant tout l'émanation d'anciens membres du FPR, frustrés par l'évolution « dictatoriale » que prend le parti au pouvoir. Il est soutenu par d'anciens faucons de l'armée patriotique rwandaise, actuellement en rupture de ban, comme le général Kayumba Nyamwasa. Il révèle, surtout, la fracture actuellement à l'oeuvre dans les cercles du pouvoir. Et pourrait très bien être considéré comme le symptôme d'une désagrégation du pouvoir FPR. A ce climat pré-électoral délétère, s'ajoutent des tensions linguistiques, depuis la reconnaissance de l'anglais comme langue officielle en 2008, des tensions judiciaires, avec les mandats d'arrêts internationaux lancés par l'Espagne et la France. Pour Kris Berwouts, le climat actuel rappelle celui de 1993, peu avant le génocide. Ainsi les attentats à la grenade de février et mars dernier à Kigali, selon lui, pourraient fort bien être attribués au pouvoir en place, qui tenterait ainsi d'instaurer au Rwanda un climat de terreur. Kris Berwouts recommande à la communauté internationale de faire pression sur le FPR pour qu'il mette un terme à sa dérive dictatoriale.
Jean-bernard Gervais