A Madrid Zapatero et Ban Ki Moon défiants avec Kagamé
Car la présence de Kagamé à Madrid avait été décriée par la société civile espagnole, qui l'accuse d'avoir commandité l'assassinat en 1997 de neuf religieux espagnols. Le juge Fernando Andreu, en charge du dossier avait émis en 2008 des mandats d'arrêts internationaux contre une quarantaine de militaires, supposés instigateurs de ces attentats. Parmi eux, le général Kayumba Nyamwasa, actuellement réfugié en Afrique du Sud, victime d'une tentative d'assassinat en juin dernier. Ban Ki Moon, secrétaire général de l'Onu, a quant à lui demandé vendredi à Madrid au président Kagamé de faire toute la lumière sur les assassinats du journaliste Jean-Leonard Rugambage et de l'homme politique André Rwisereka, en diligentant des enquêtes indépendantes. Trois partis d'opposition rwandais ont publié un communiqué jeudi pour réclamer une enquête internationale indépendante sur le meurtre d'André Rwisereka. Rappelons que Paul Kagamé a été désigné pour co-diriger avec Zosé Luis Zapatero un groupe sur l'application d'ici 2015 des objectifs du millénaire et de développement (OMD). Ce groupe a été créé en juin dernier pour réduire d'ici 2015 la grande pauvreté dans le monde. Il comprend notamment l'ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet, l'ex-ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, la Kenyane Prix Nobel de la Paix Wangari Maathai, le Bangladais pionnier du micro-crédit Muhammad Yunus et plusieurs Américains dont le fondateur de Microsoft Bill Gates et celui de CNN Ted Turner.
Jean-bernard Gervais